mardi 10 décembre 2013

Les Grands Prophètes Esaïe Jérémie Ezéchiel et Daniel

1 -  LE PROPHETE ÉSAÏE
Sous le règne d’Ézéchias, le peuple de Juda jouissait d’un temps de grâce particulier, pendant lequel plusieurs prophètes annoncèrent avec beaucoup de zèle les conseils et la volonté de Dieu et firent entendre touchant le Messie, sa venue, sa vie, ses souffrances et son règne, des prophéties plus claires, plus magnifiques et en plus grand nombre que tout ce qu’on avait ouï sur ce sujet avant cette époque (sauf peut-être dans les Psaumes). Entre tous ces hommes de Dieu, le prophète Ésaïe se distingue non seulement par la majesté de son style et la sublimité de ses pensées dans lesquelles on ne saurait méconnaître l’inspiration divine, mais encore et surtout par le grand nombre et la clarté des prophéties qu’il a prononcées touchant le temps de Nouveau Testament.
Comme nous l’apprend le premier verset de son livre, Ésaïe prophétisa successivement sous quatre rois de Juda : Ozias, Jotham, Achaz et Ézéchias, donc pendant environ soixante ans. Il aurait donc atteint un âge fort avancé, au moins quatre-vingt dix ans. On pourrait même conclure de ce qui est dit en 2 Chroniques 32:32 qu’il survécut à Ézéchias puisqu’il aurait écrit l’histoire de son règne. À en croire la tradition juive et chrétienne, Ésaïe aurait vu encore le commencement du règne de Manassé qui l’aurait fait mettre à mort. D’après une autre tradition, Ésaïe était allié à la race royale ; ses relations assez intimes avec la cour viennent à l’appui de cette tradition.
Son nom signifie : le salut de Dieu. Il était fils d’Amots. Il semble avoir toujours demeuré à Jérusalem où il était marié et où il avait au moins deux enfants (7:3 ; 8:3-4). Il est encore nommé comme auteur de deux ouvrages historiques : l’un sur Ozias (2 chroniques 26:22) ; l’autre sur Ézéchias. Son livre est le plus considérable de tous les livres prophétiques. Aucune poésie, en aucune langue, n’approche de la beauté, du caractère sublime de plusieurs chapitres de cette prophétie, entre autres de ce magnifique début, même dans nos imparfaites versions. Écoutez-le et apprenez-le par cœur : « Écoutez, cieux, et prête l’oreille, terre ! Car l’Éternel a parlé : J’ai nourri et élevé des fils, et ils se sont rebellés contre moi. Le bœuf connaît son possesseur, et l’âne la crèche de son maître ; Israël ne connaît pas, mon peuple n’a point d’intelligence ».
Il semble que le chapitre six nous décrit la scène imposante et solennelle de la vocation d’Ésaïe à l’office ou à la mission de prophète. L’année de la mort du roi Ozias, Ésaïe est transporté en vision dans le temple de l’Éternel : là il vit le Seigneur assis sur un trône éminent et élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple. Des séraphins debout l’entouraient ; « ils avaient chacun six ailes : de deux ils se couvraient la face, et de deux ils se couvraient les pieds, et de deux ils volaient. Et l’un criait à l’autre, et disait : Saint, saint, saint est l’Éternel des armées ; toute la terre est pleine de sa gloire ! Et les fondements des seuils étaient ébranlés à la voix de celui qui criait, et la maison était remplie de fumée ».
Sur cette vision remarquable, nous pouvons dire deux choses. Premièrement, l’Écriture nous apprend qui est Celui qui apparaît ici au prophète effrayé, Celui qui est appelé le Seigneur, l’Éternel des armées, Celui qui est l’objet des louanges et des adorations des séraphins, comme étant le Dieu trois fois saint. Au chapitre 12 de son évangile, Jean, après avoir déclaré que les Juifs ne pouvaient croire parce que la terrible sentence, qu’Ésaïe avait mission de proclamer et qui se trouve à la fin d’Ésaïe 6, commençait à s’exécuter sur eux, Jean ajoute : « Ésaïe dit ces choses quand il vit sa gloire et qu’il parla de Lui » ; – de Lui, c’est à dire de Jésus Christ, le Fils de Dieu. C’est Lui qui apparaît ici dans une majesté ineffable aux yeux étonnés du fils d’Amots. Quant à Dieu le Père, nul ne l’a vu ni ne peut le voir : ici, comme dans toutes les autres occasions où, dans l’Ancien Testament, la Divinité se manifeste sous une forme humaine, ou sous une apparence visible quelconque, c’est toujours du Fils qu’il s’agit, de Celui qui devait un jour être manifesté en chair et qui a paru ici-bas comme un homme, l’homme Christ Jésus, étant sur la terre l’image ou le portrait de Dieu, tellement qu’Il pouvait dire : « celui qui m’a vu a vu le Père ». Voilà le Sauveur qui nous convenait, le Sauveur avec lequel vous avez affaire si vous voulez échapper à la colère qui vient. Il ne repousse jamais celui qui vient à Lui.
En second lieu, que sont les séraphins dont il est question ici ? Ce sont évidemment des anges d’un rang élevé dans la hiérarchie ou l’ordre de ces messagers célestes. Ce n’est que dans ce chapitre 6 vers. 2 et 6 que leur nom est mentionné dans les Écritures. En hébreu, ce même nom, qui se trouve dans Nombres 21:6, 8 ; Deut. 8:15 ; És. 14:29 ; 30:8, y signifie toujours des serpents brûlants. Peut-être ce mot brûlants, appliqué à ces anges, a-t-il pour but de signaler l’ardeur de leur zèle et de leur amour pour le Seigneur.
Quel fut l’effet produit par cette glorieuse vision sur l’esprit d’Ésaïe ? Voici la réponse de la Parole dans la bouche du prophète : « Et je dis : Malheur à moi ! Car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures ; car mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées ». La vue de la gloire du trône de Dieu inspire à Ésaïe la plus profonde terreur parce qu’elle fait ressortir, dans sa conscience, son extrême indignité, son état de péché, en présence de Celui qui a les yeux trop purs pour voir le mal et qui est le Saint, trois fois saint. Comment lui, homme pécheur et mortel, pourrait-il subsister devant le Seigneur ? N’est-il pas écrit que nul ne peut voir la face de Dieu et vivre (Exode 33:20) ? Aussi Manoah disait-il à sa femme quand il eut connu que c’était l’Ange de l’Éternel qui leur était apparu : « Nous mourrons certainement, car nous avons vu Dieu » (Juges 13:22). Ésaïe est donc épouvanté, la conscience de ses souillures lui fait croire que c’en est fait de lui et qu’il va périr. De même Simon Pierre, lorsque à la vue de la pêche miraculeuse il a compris que Jésus est le Seigneur, se jette à ses genoux, en s’écriant : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur. Car la frayeur l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui » (Luc 5:8,9).
De même encore Jean, quoiqu’il fût le disciple que Jésus aimait, ayant vu en esprit dans l’île de Patmos le Seigneur Jésus dans sa majesté de Juge, tomba à ses pieds comme mort (Apoc. 1:9-17).
Souvenez-vous bien que l’homme naturel ne peut pas subsister devant Dieu. C’est impossible parce que Dieu est saint, saint, saint, et que tout homme, jeune ou vieux, est pécheur et rien que pécheur. Comment donc pouvons-nous nous approcher de Dieu ? C’est ce que la suite de notre chapitre va nous apprendre : « Et l’un des séraphins vola vers moi ; et il avait en sa main un charbon ardent qu’il avait pris de dessus l’autel avec des pincettes ; et il en toucha ma bouche, et dit : Voici, ceci a touché tes lèvres ; et ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché ». « Un des séraphins vola vers moi ». La rapidité du mouvement indique l’empressement que Dieu met à tranquilliser la conscience, à bander la plaie du cœur brisé, à guérir l’âme souffrante. L’énergie de l’amour divin hâte le vol du séraphin lorsqu’il quitte le trône de l’Éternel pour s’approcher du pécheur qui se reconnaît perdu. Ce séraphin vole du trône à l’autel d’airain, dans le parvis hors du temple où s’élevait sans cesse, en bonne odeur à Dieu, la fumée de l’holocauste journalier : un agneau symbole et type de l’Agneau de Dieu qui devait venir s’offrir à la justice divine pour nos péchés, comme une victime parfaite, agréable au Père et pleinement suffisante pour expier tous nos péchés. C’est avec ce charbon, tout imprégné de la bonne odeur du sacrifice, que le messager du Seigneur, revenant avec la même rapidité de l’autel au prophète, en touche ses lèvres et lui déclare que par là son iniquité est tenue pour acquittée et ses péchés pardonnés. Ainsi, à peine le trône a-t-il répandu un flot de lumière pour montrer à Ésaïe la grandeur de ses péchés, qu’un flot d’amour, descendant de l’autel, vient emporter de cette âme convaincue de péché, jusqu’à la dernière trace de ses souillures. Voilà comment Dieu aime les pécheurs. Qui n’aurait confiance en Lui ?
 Ésaïe : Les prophéties qui parlent de Christ
Souvenez-vous qu’Ésaïe a prophétisé plus de sept cents ans avant la venue de Jésus Christ. Ésaïe parle du Seigneur avec tant de clarté qu’il semble parfois qu’on lit plutôt la narration d’un évangéliste ou d’un apôtre, que celle d’un prophète de l’Ancien Testament. Aussi l’a-t-on appelé le cinquième évangéliste.
Ses prophéties rendent le témoignage le plus clair et le plus concluant à la divinité éternelle du Fils de Dieu. Elles nous le montrent comme étant l’Éternel, le Dieu des armées, le Créateur et le conservateur de toutes choses. Nous avons déjà vu, dans notre précédente étude, que l’Éternel dont le prophète vit la gloire quand il reçut sa vocation, était réellement le Fils. Quoi de plus majestueux que ces paroles qu’on lit en Ésaïe 45 : « Ainsi dit l’Éternel qui a créé les cieux, le Dieu qui a formé la terre et qui l’a faite…Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre…Hors moi il n’y a pas de Dieu ; – de Dieu juste et sauveur, il n’y en a point si ce n’est moi. Tournez-vous vers moi, et soyez sauvés, vous, tous les bouts de la terre ; car moi, je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre. J’ai juré par moi-même, la parole est sortie de ma bouche en justice, et ne reviendra pas, que devant moi tout genou se ploiera, par moi toute langue jurera ». Maintenant, si l’on demande : Qui est ce seul Dieu éternel ? l’apôtre Paul répond : c’est le Seigneur Jésus Christ, devant le tribunal duquel tous doivent comparaître (Rom. 14:10, 11) ; c’est Celui devant qui tout genou doit se plier (Phil. 2:10, 11).
Les témoignages d’Ésaïe concernant Jésus Christ et sa première venue ici-bas, que l’on trouve cités dans le Nouveau Testament, sont entre autres les suivants : De ces paroles du prophète : « La voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin de l’Éternel, aplanissez dans le lieu stérile une route pour notre Dieu » (40:3), Jean le Baptiseur en a fait l’application à sa personne, comme précurseur de Jésus, ici appelé l’Éternel et notre Dieu (Jean 1:23). Les évangélistes aussi ont présenté cette prophétie comme regardant Jean le Baptiseur (Matth. 3:3, etc), et Zacharie, son père, y fait allusion dans son cantique de louanges (Luc 1:76). Ésaïe avait aussi prédit en termes formels que Jésus, désigné par le nom d’Emmanuel (Dieu avec nous) devait naître miraculeusement d’une vierge (7:14 comparé à Matthieu 1:22, 23). Ailleurs, en Ésaïe 9:6, 7, cette naissance de Jésus est annoncée en ces termes : « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix. À l’accroissement de son empire, et à la paix, il n’y aura pas de fin, sur le trône de David et dans son royaume, pour l’établir et le soutenir en jugement et en justice, dès maintenant et à toujours ». C’est à cette prophétie que l’ange Gabriel fit allusion, en annonçant la naissance de ce divin enfant à Marie (Luc 1:32, 33).


 2  -  LE PROPHETE JEREMIE
Jérémie, dont le nom veut dire : grandeur de l’Éternel, est le deuxième des quatre grands prophètes ; et vous n’ignorez pas que les trois autres sont Ésaïe, puis Ézéchiel et Daniel,. Jérémie, fils du sacrificateur Hilkija, naquit dans une ville lévitique de la tribu de Benjamin, située à une lieue au nord de Jérusalem (Jér. 1). On suppose que son père est le même Hilkija, qui fut souverain sacrificateur au temps de Josias.
La treizième année du règne de Josias, Jérémie reçut de l’Éternel la vocation, ou la charge de prophète qu’il exerça surtout parmi le peuple de Juda, durant plus de 40 ans, c’est-à-dire jusqu’à la destruction de Jérusalem. Le Seigneur, en le consacrant, lui dit qu’il l’avait mis à part dès avant sa naissance pour être prophète des nations. Jérémie se sentit d’abord trop faible et trop timide pour oser accepter une tâche si difficile. Il répondit qu’il n’avait pas le don de la parole, qu’il était trop jeune ; mais l’Éternel l’encourage avec bonté, en lui disant : « Ne dis pas : Je suis un enfant, car pour tout ce pour quoi je t’enverrai, tu iras, et tout ce que je te commanderai, tu le diras. Ne les crains point ; car je suis avec toi pour te délivrer ». Et Dieu, qui est fidèle, tint sa promesse à l’égard de son serviteur ; car, ainsi que vous l’avez déjà lu, Jérémie fut remarquablement délivré dans toutes les circonstances fâcheuses qu’il put rencontrer. Puis, comme pour mettre le sceau à sa promesse, l’Éternel étendit sa main et en touchant la bouche du prophète lui dit : « Voici, j’ai mis mes paroles dans ta bouche » (1:9).
Jérémie avait en effet bien besoin d’être assuré de la divinité de sa vocation, et du secours de son Dieu ; car c’était un peuple extrêmement dépravé que celui qu’il était chargé de censurer, et auquel il devait annoncer les châtiments les plus sévères à cause de leurs nombreuses rébellions. Il n’avait, dès lors, en perspective devant lui que la haine des petits et des grands, et il devait s’attendre à essuyer de leur part les plus amères contradictions et les traitements les plus injurieux ; c’est pourquoi l’Éternel ajoute : « Et moi, voici, je t’établis aujourd’hui comme une ville forte, et comme une colonne de fer, et comme des murailles d’airain… Et ils combattront contre toi, mais ils ne prévaudront pas sur toi, car moi je suis avec toi, dit l’Éternel, pour te délivrer » (1:18-19).
Plein de confiance en ces paroles de son Seigneur, Jérémie, d’abord si timide, débuta courageusement sa carrière de prophète : il prêcha avec une hardiesse et une force extraordinaires contre les péchés des rois, des sacrificateurs et du peuple ; il s’acquitta de sa mission, non seulement pendant la vie du pieux roi Josias, mais encore, et toujours avec le même zèle, sous le règne des princes impies qui succédèrent à celui-ci. Josias, il est vrai, avait su engager le peuple à servir l’Éternel, le Dieu d’Israël (2 Chron. 34:33) ; mais ils ne le faisaient que d’une manière extérieure, sans que le cœur y fût pour rien (Jér. 3:10). Aussi quand le prophète leur remontrait que c’est à la foi que Dieu regarde ; quand il leur annonçait que leur destruction était proche, à moins qu’ils ne se retournassent de tout leur cœur vers le Seigneur, pour obtenir le pardon et la miséricorde, alors les sacrificateurs et les faux prophètes, contre lesquels Jérémie avait sans cesse à combattre, le contredisaient en face, et soutenaient qu’il n’y avait rien à craindre : que Josias ayant rétabli le culte du vrai Dieu, on pouvait se permettre des temps de paix et de prospérité (Jér. 7:4 ; 14:13-14 ; 23:17). Continuellement en butte aux indignes traitements de ce peuple, Jérémie ne l’aimait pas moins pour cela, parce qu’il savait que, malgré son état de dégradation, ce peuple était le peuple de Dieu ; et son cœur saignait de douleur lorsqu’il était obligé de leur annoncer les terribles calamités qui les attendaient. Il suppliait jour et nuit le Seigneur de détourner d’eux ses jugements, et il continua d’intercéder jusqu’à ce que Dieu le lui défendit, à cause de leur profond endurcissement, de faire des requêtes en leur faveur.
Dans l’étude sur la destruction de Jérusalem, nous avons vu que le prophète fut tiré de la cour de la prison et remis au soin de Guedalia qui le renvoya à la maison. Nebuzaradan lui offrit ses service, et de l’emmener à Babylone ; mais Jérémie préféra partager la misère avec le petit peuple demeuré de reste en Judée, plutôt que de jouir des délices du péché dans la capitale des Chaldéens.
Guedalia, que Nébucadnetsar avait établi comme surveillant sur les villes de Juda, vint à mourir. Alors les habitants, craignant les Chaldéens, se retirèrent dans les montagnes qui conduisaient en Égypte (chap. 41), et demandèrent à Jérémie de consulter l’Éternel, pour savoir de quel côté ils devaient se tourner, promettant qu’ils se conformeraient à l’ordre de Dieu, et qu’ils obéiraient à sa voix. La réponse fut qu’il fallait rester dans le pays ; que Dieu serait avec eux, et qu’Il les y ferait habiter en assurance ; mais que s’ils persistaient à vouloir se retirer en Égypte, comme ils se l’étaient proposé, ils périraient par l’épée, par la famine et par la peste (42). Mais quelle ne fut pas l’affliction de Jérémie quand ils lui répondirent avec fierté : « C’est un mensonge que tu dis ; l’Éternel, notre Dieu, ne t’a pas envoyé pour [nous] dire : N’allez point en Égypte pour y séjourner » (43:2). Dans leur aveuglement, ils accusèrent même le prophète de vouloir les livrer entre les mains de leurs ennemis. Et le résidu de ceux de Juda, avec Jokhanan à leur tête, s’assembla ; ils prirent avec eux Jérémie, qui consentit à les suivre, probablement dans l’espoir de les préserver de l’idolâtrie, et ils descendirent au pays de Pharaon (43). Là, au milieu d’une nation païenne, ce misérable peuple s’abandonna dans la plus triste idolâtrie ; aussi les jugements que le prophète leur avait annoncés ne tardèrent pas à fondre sur eux.
Tant que Jérémie eut foi aux promesses que Dieu lui avait faites, il fut délivré des difficultés qu’il rencontra et des dangers qu’il courut. Si vous êtes appelés à vivre peu ou beaucoup d’années ici-bas, vous rencontrerez mainte difficulté, mainte circonstance pénible ou douloureuse, telles que ce monde, où le péché a tout gâté, en présente à chaque instant. Et si vous avez le bonheur d’appartenir au Seigneur, les épreuves, les persécutions même ne vous seront point épargnées ; au contraire, plus Jérémie était fidèle dans son service, plus l’opposition qu’on lui faisait était grande.
Outre les menaces et les prédictions de terribles châtiments qu’il adressait au peuple de la part de Dieu, outre les châtiments relatifs aux nations, Jérémie a écrit dans son livre, sous la direction de l’Esprit saint, d’admirables prophéties concernant le Seigneur Jésus et ses relations futures avec Israël.

LES LAMENTATIONS DE JEREMIE
Les LAMENTATIONS de Jérémie sont des élégies, ou des chants d’affliction sur le déplorable état du peuple juif, avant et après la destruction de Jérusalem, et les calamités que ce peuple s’attira par sa méchanceté. Ces complaintes sont entremêlées de passage de consolation et de prières ardentes pour le rétablissement de ce peuple que Dieu n’a pas rejeté pour toujours.



3 -  Le prophète Ézéchiel
Ézéchiel, le troisième des grands prophètes, était fils de Buzi, sacrificateur juif. Son nom signifie : « La force de Dieu ». Comme son père, il exerçait la sacrificature à Jérusalem, quand il fut mis au nombre de ceux qui furent emmenés par Nébucadnetsar en Chaldée lors de la première déportation, quelques années avant la destruction de Jérusalem. Parmi eux se trouvaient aussi le roi Jéhoïakin et les principaux de Juda. Ézéchiel s’établit à Thel-Abib, près du fleuve de Kebar, où il habita dans sa propre maison, et où il vécut honoré au milieu de ses compatriotes. Il était marié et demeurait là depuis cinq ans lorsque Dieu l’appela d’une manière solennelle, dans une vision, à la charge de prophète et de prédicateur qu’il exerça vingt-deux ans parmi ses frères captifs, et néanmoins endurcis.
Dans cette vision Ézéchiel vit au-dessus d’une nuée et au-dessus d’une étendue pareille à du cristal, le Seigneur dans sa gloire, assis sur un trône éblouissant semblable à une pierre de saphir. « Comme l’aspect de l’arc qui est dans la nuée en un jour de pluie, tel était l’aspect de la splendeur tout autour. C’était là l’aspect de la ressemblance de la gloire de l’Éternel. Et je vis, et je tombai sur ma face, et j’entendis une voix qui parlait » (Ézéchiel 1:28). Et, de même que Jérémie qui prophétisait pendant ce temps à Jérusalem, Ézéchiel mettait devant les yeux du peuple leurs péchés et leurs iniquités à cause desquels Dieu ferait venir sur eux ses châtiments les plus sévères, jusqu’à faire détruire la ville et le temple de Jérusalem, dévaster le pays de Juda et le dépeupler entièrement. Ainsi les prédications de ces deux prophètes contenaient la même chose, avec cette différence qu’Ézéchiel était plus sévère encore dans ses discours que Jérémie, comme aussi plus détaillé dans ses récits prophétiques de la destruction de Jérusalem. Afin que ses prédications fissent plus d’impression sur ses auditeurs, il reçut l’ordre de les confirmer par des actes solennels et frappants. Mais, comme à Jérusalem, il y avait à Babylone et sur les rives du Kebar des faux prophètes qui induisaient le peuple en erreur par de fausses promesses qu’on écoutait que trop volontiers ; mais lorsque ceux de leurs compatriotes qui furent transportés les derniers du pays de Juda arrivèrent en Chaldée, les premiers reconnurent qu’il y avait effectivement un prophète de l’Éternel au milieu d’eux. Car ils purent se convaincre par les lamentables récits de ces nouveaux captifs que tout ce qu’Ézéchiel leur avait annoncé touchant la destruction de Jérusalem était ponctuellement arrivé.
Dans la neuvième année de son exil, le prophète eut la douleur de perdre sa femme ; et Dieu lui défendit d’en mener le deuil, afin que cela fut encore pour le peuple un signe parmi tant d’autres.
En lisant le livre Ézéchiel, vous aurez peut-être été frappés de voir que chaque fois que l’Éternel s’adresse à son serviteur, il l’appelle : « Fils d’homme ». C’est aussi le titre donné à Christ considéré comme rejeté et en dehors de son peuple, rejeté quant il vint ici-bas comme Christ, l’Oint de Dieu ; et c’est sous le nom de « Fils de l’Homme » que Christ agira en jugement. Ici, le prophète était rejeté aussi bien que Dieu qui l’envoyait, et l’Éternel, en lui donnant ce titre, le mettait sur le même pied, comme position, que Celui qui devait venir plus tard, le Fils de Dieu, le Sauveur, après que tous les autres moyens de ramener ce peuple endurci auraient été vainement essayés.


5 -LE PROPHETE DANIEL
D’abord il faut vous faire remarquer que ce livre se divise, juste au milieu, en deux parties : la première est historique tandis que la seconde est prophétique.
Vous observez que le dernier verset du chapitre 6 ressemble beaucoup à celui du premier chapitre ; c’est là comme une conclusion de la partie historique. Au premier chapitre il est dit que Daniel continua jusqu’au règne de Cyrus, et au sixième qu’il prospéra sous ce règne. Cyrus était le neveu de Darius, homme passablement âgé lors de la prise de Babylone. Cyrus commandait l’armée ; et c’était lui, enfin, qui exerçait le pouvoir de gouverner, bien que son oncle Darius eût d’abord été reconnu roi. Mais nous en parlerons plus tard en suivant l’ordre de l’histoire.
Tous les évènements dont il s’agit dans le livre qui nous occupe se passèrent à Babylone, capitale du grand empire dont Nebucadnetsar fut le premier roi. C’est là que Daniel, emmené tout jeune captif, passa presque toute sa vie.
La première fois que l’on en entend parler dans la Bible, c’est dans la Genèse aux chapitres 10 et 11, — et sous le nom de Babel ; mais à cette époque, elle était loin de jouir de l’importance politique dont elle devint le centre plus tard, bien que les hommes eussent tout mis en œuvre pour en faire la métropole du monde entier. Cependant, il paraît que la confusion, dont Dieu s’était servi pour étouffer leurs entreprises, avait jeté, durant quelques siècles, une sorte d’opprobre sur la contrée.
Dieu, voyant leur ville et leur tour s’agrandir toujours davantage, confondit leur langage, de sorte que personne ne comprenait plus ce que les autres disaient ; aussi, ne pouvant plus se faire entendre, ils furent forcés de se séparer malgré eux ; et la chose qu’ils avaient tant redoutée leur arriva : ils furent dispersés sur toute la terre, et ils cessèrent de bâtir la ville. Le nom de « Babel » fut alors donné à l’endroit ; car « Babel » veut dire confusion.
Mais peu à peu Babel se relevait de ses ruines, et près de quinze siècles après la confusion des langues, on en entend parler pour la deuxième fois sous le nom de Babylone (Babylone est le nom grec de Babel. Dans la Bible hébraïque le nom est toujours écrit « Babel ») (2 Rois 20 et Ésaïe 39). C’était alors avec un caractère beaucoup plus défini, car Babylone était le pays des Chaldéens qui, de même que les Israélites, descendait de Sem, le second fils de Noé ; tandis qu’il semble que Babel embrassait également les descendants de Japhet et de Cam aussi bien que ceux de Sem.
À mesure que le pouvoir des Chaldéens s’accroissait, le roi de Babylone aspirait à la monarchie du monde tout entier ; et Dieu le permettait dans Sa providence, car les Israélites étaient devenus tellement revêches et désobéissants, qu’ils ne voulaient pas écouter la voix des prophètes que Dieu leur envoyait ; aussi Il allait leur ôter le royaume et la gloire qu’Il avait confiés à David et à son fils Salomon.
Au temps du roi Ézéchias, le pouvoir des Chaldéens n’était rien à côté de celui de leurs puissants voisins, les Assyriens ; mais cela changea bientôt, et un siècle après, la monarchie Assyrienne disparut entièrement, et la gloire des Chaldéens fut à son comble.
Voici donc de quelle manière Babylone se trouvait en relation avec le pays d’Israël. Quand Ézéchias fut malade (2 Rois 20, Ésaïe 38), l’Éternel lui donna un signe de sa guérison, savoir que l’ombre des degrés qui était descendue avec le Soleil, au cadran d’Achaz (père d’Ézéchias), retourna de dix degrés en arrière. Les savants de Babylone observèrent ce phénomène extraordinaire, et le roi Berodac-Baladan envoya des lettres avec un présent à Ézéchias pour s’informer du miracle qui était arrivé (2 Rois. 20:12). Ézéchias en fut tellement content qu’il se laissa aller à l’orgueil de son cœur, et montra aux ambassadeurs venu de Babylone tous les trésors de son royaume. Sur cela Dieu lui fit dire que tout serait emmené à Babylone ; — ce qui ne manqua pas d’arriver en effet, car les Chaldéens convoitaient les belles choses, et ils devinrent dès ce moment-là les ennemis acharnés du peuple d’Israël (Ps. 137:2 Chron. 33:11) ; et 106 ans après, Nebucadnetsar, ayant ravagé plusieurs autres pays, assiégea Jérusalem, la prit et emmena beaucoup de captifs à Babylone, au nombre desquels était le jeune Daniel.
Ceci arriva en la troisième année du règne de Jéhoïakim, fils de Josias, roi de Juda (Dan. 1:1-2) ; cette année était la première de Nebucadnetsar, et du grand empire Babylonien, qui subsista soixante-dix ans. — Car Nebucadnetsar, après avoir vaincu et détruit la puissance des Égyptiens et des Assyriens, devint de fait monarque du monde entier, dont Babylone était comme la capitale. Avant ce monarque, le royaume de Babylone était insignifiant, et plus ou moins assujetti aux Assyriens.
Il y avait encore une ombre de royauté en Juda pendant les dix-sept ans qui suivirent l’avènement de Nebucadnetsar ; mais toute la nation d’Israël, ou ce qui en restait, fut gouverné par le roi de Babylone ; et le grand crime que Dieu imputait à Sédécias, dernier roi de Juda, fut qu’il avait méprisé le serment d’exécration, lequel il avait fait à Nebucadnetsar (Ézéch. 17:11-21). Aussi l’on comprend que, selon les pensées de Dieu, le royaume d’Israël prenait fin quand Il remit tout pouvoir sur la terre entre les mains des Gentils, dans la personne de Nebucadnetsar. Israël fut mis de côté à cause de sa rébellion.
Quelle leçon solennelle que celle que nous donne l’exemple d’ Ézéchias ! Homme très pieux et attaché à son Dieu, il ne fut pourtant pas reconnaissant du bienfait que Dieu lui avait rendu en exauçant sa prière, et en le guérissant de sa maladie ; car son cœur s’éleva, et il tomba dans le piège de Satan, selon cette parole : « L’orgueil va devant la ruine » (Prov. 16:18) ; « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne [la] grâce aux humbles » (Jacques 4:6 ; 1 Pierre 5:5). Les deux choses sont arrivées, en effet, dans le cas d’Ézéchias ; car il s’humilia de ce qu’il avait été élevé dans son cœur, de sorte que l’indignation de l’Éternel ne vint point sur son royaume durant ses jours (2 Chron. 32:25-26).
Daniel commença à écrire son livre en la première année de Nebucadnetsar, peu après son arrivée à Babylone, la grande ville des Chaldéens, où il avait été emmené captif avec plusieurs personnes de la race royale et les principaux seigneurs de Juda.
NEBUCADNETSAR
Cet homme remarquable, qui fonda la monarchie Babylonienne proprement dite, était un puissant guerrier et un habile général. Au moment de la mort de son père il était commandant en chef de l’armée Chaldéenne, qui se battait en Syrie et en Judée ; et il fut proclamé roi par les troupes aussitôt que l’on sut que son père n’était plus ; de sorte que, quand il rentra à Babylone, il se trouvait non seulement à la tête du royaume, mais possédait un empire qui venait d’être considérablement agrandi par toutes ses victoires, et duquel la puissance et l’étendue étaient alors sans pareilles dans le monde entier. Un peu plus tard, il subjugua le pays d’Égypte qui fut dorénavant « un royaume abaissé » (Ézéchiel 29:14-15). Comparez Ésaïe 19, Jérémie 43:10-13 ; 44:30 ; 46, Ézéchiel 29:18-21 ; 30:22-26. Et, depuis lors, il n’y eut plus un seul peuple dans le monde qui lui fit opposition ; aussi était-il reconnu comme monarque du monde entier, ainsi que Daniel le lui dit dans le seconde année de son règne : « Toi, ô roi, tu es le roi des rois, auquel le Dieu des cieux a donné le royaume, la puissance, et la force, et la gloire ; et partout où habitent les fils des hommes, les bêtes des champs et les oiseaux des cieux, il les a mis entre tes mains et t’a fait dominer sur eux tous » (Daniel 2:38). Du moment que la nation d’Israël était mise de côté à cause de sa rébellion et de son incrédulité, c’était la volonté de Dieu que tout pouvoir sur la terre fût remis entre les mains d’un seul homme. Cet homme fut Nebucadnetsar.
Bien que Daniel restât toujours à Babylone, pour remplir les fonctions que le roi lui avait confiées dans le gouvernement (1:19-20 et 2:49), vous ne devez pourtant pas supposer que le roi lui-même ne sortit pas de la capitale.
Nebucadnetsar était d’un caractère très fier et très cruel ; on le voit à la manière dont il traita Sédécias et le peuple Juif (2 Rois 25:7 ; Jér. 52:10-11 ; 2 Chron. 36:17-20). Il retint le jeune Jéhoïakin en prison durant tout le reste de son règne, c’est-à-dire pendant 37 ans ; car ce ne fut qu’en la première année de son successeur, Évil-Merodac, que Jéhoïakin fut libéré. On voit par là que Nebucadnetsar régna 44 ans.
Trois circonstances de sa vie nous occuperont : son songe, sa statue, son abaissement, —circonstances qui sont détaillées en Daniel 2, 3 et 4.

LE SONGE DE NEBUCADNETSAR
Ce fut en la seconde année de son règne que Nebucadnetsar songea un songe qui lui causa une vive émotion, mais qu’il oublia en se réveillant, de sorte qu’il fut en grande peine pour savoir et le songe et son interprétation. Le roi fit donc appeler tous les savants chaldéens, magiciens, astrologues et enchanteurs, mais personne ne pouvait lui révéler la chose. Les Chaldéens demandèrent que le roi leur dit son songe, sur quoi ils s’engageaient à lui en donner l’interprétation ; mais ce monarque leur fit remarquer que l’une des choses était aussi difficile que l’autre, car il avait assez d’intelligence pour comprendre qu’ils s’étaient préparés à dire devant le roi toute sorte de mensonges, dans leur propre intérêt et pour gagner du temps, jusqu’à ce que le temps fût changé. C’est pourquoi le roi entra en grande fureur, et commanda qu’on mît à mort tous les sages de Babylone, au nombre desquels se trouvaient quatre juifs : Daniel, et ses compagnon Hanania, Mishaël et Azaria.
À l’ouïe de ces tristes nouvelles, Daniel pria le roi de lui accorder quelque temps ; puis étant allé chez lui, il déclara l’affaire à ses trois compagnons ; et, tous ensemble, ils implorèrent la miséricorde du Dieu des cieux touchant ce secret, afin qu’ils ne fussent pas mis à mort avec le reste des sages de Babylone. Et le secret fut révélé à Daniel dans une vision de nuit, et là-dessus Daniel bénit le Dieu des cieux, — le Dieu de ses pères. Puis, ayant prié Arioc, chef des gardes du roi (commissaire ?), de ne pas faire mourir les sages, Daniel demanda d’entrer devant le roi, ce qu’on lui accorda de suite, et il déclara au roi le songe et son interprétation. Sur quoi Nebucadnetsar tomba sur sa face, et se prosterna devant Daniel, et fut forcé de reconnaître que le Dieu de Daniel était au-dessus de tout autre. Ensuite le roi donna à Daniel la première place dans le royaume ; et établit, selon sa requête, ses trois compagnons sur les affaires de la province.
Quatre choses sont à remarquer dans la manière d’agir de Daniel à cette occasion : ce sont sa foi, sa prière, ses actions de grâces et son humilité.
1° Au moment où il se trouve dans une position pénible, il se confie tellement en Dieu qu’il est sûr de pouvoir dire au roi son songe aussi bien que l’interprétation, avant même de l’avoir demandé à Dieu. Il avait été fidèle en refusant les bonnes choses quand tout allait bien (cf. chap. 1), et Dieu l’en avait récompensé ; et, maintenant que tout allait mal, il savait que le même Dieu de bonté ne l’abandonnerait pas. Voilà sa foi ! — Et Daniel ne s’était pas trompé ; car Dieu est un Dieu fidèle. « Attends-toi à l’Éternel ; fortifie-toi, et que ton cœur soit ferme : oui, attends-toi à l’Éternel » (Psaumes 27:14).
2° Quand il faut prier Dieu, Daniel prend avec lui ses trois fidèles compagnons qui sont bien d’accord avec lui. Ils prient tous ensemble et Dieu les exauce ; car Il aime beaucoup qu’il y ait accord parmi ses enfants, quand ils ont quelque chose à lui demander. Le Seigneur lui-même l’a dit quand Il était dans ce monde : « Je vous dis encore que si deux d’entre vous sont d’accord sur la terre pour une chose quelconque, quelle que soit la chose qu’ils demanderont, elle sera faite pour eux par mon Père qui est dans les cieux ; car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matthieu 18:19-20).
3° Ensuite observez que, à l’instant même où il est exaucé, Daniel bénit son Dieu ; il ne veut pas attendre jusqu’à ce qu’il ait vu le roi, mais sur le champ il rend à Dieu les actions de grâces qui lui étaient dues. Voilà ce qui est selon l’Esprit du Seigneur ! « Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces » (Phil. 4:6). J’espère que vous imiterez l’exemple du fidèle Daniel, et que vous remercierez le Seigneur pour tous les bienfaits dont Il vous comble ; et spécialement quand il vous donne quelque chose que vous lui avez demandé.
4° Enfin quand Daniel paraît devant le roi, il ne s’arroge pas la gloire d’avoir pu tout expliquer, mais il dit que le Dieu des cieux lui a révélé le secret, de sorte que le roi rend hommage à Dieu. Et c’est là ce que Daniel désirait : étant revêtu de l’humilité, il agissait de telle sorte que Dieu retirât sa part de gloire en toutes choses. Ainsi fit Jésus aux jours de son ministère (Matt. 9:8, Luc 19:37 et suiv.). « Celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur » (És. 45:25 ;  Jér. 9:24 ; 1 Cor. 1:31). « La crainte de l’Éternel est la discipline de la sagesse, et l’abaissement va devant la gloire » (Prov. 15:33).
J’espère, jeunes lecteurs, que vous apprendrez tous ces versets par cœur, et que vous serez imitateur de Daniel, — Daniel confiant, dépendant, reconnaissant, humble.



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